Annales de Géographie, t. 112, n°632, 2003. pp. 424-436, por Brigitte Bertoncello e Rachel Rodrigues Malta
Marseille versus Euroméditerranée / Marseille versus the Euromediterranean
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Euroméditerranée - Marselha Perímetro original e extensão em 2008 Clique na imagem para ampliar
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(..) Le projet urbain,
planche de salut de la planète urbaine?
Barcelone, élue “poisson
pilote” de l'urbanisme contemporain (Masboungi 1998), constitue aujourd’hui une référence incontournable en matière de
projet urbain. Dès le début des années 1980 la municipalité de Barcelone
entreprend ainsi une requalification globale de la ville à partir d’une
multitude d’interventions urbanistiques de petite envergure portées par les
comités de quartier. Le responsable du développement de la ville, Oriol Bohigas
parle alors d’urbanisme “métastasique” à savoir la prise en compte des besoins
spécifiques de chaque quartier de Barcelone. La démarche change de rythme et de
formule lorsque Barcelone est désignée pour accueillir les Jeux olympiques de
1992. L’ organisation de la manifestation apparaît alors comme une opportunité
pour entreprendre une restructuration de grande échelle en appui sur des grands
projets et encadrée par un plan stratégique associant de nombreux représentants
de la société civile (J.M Pascal Esteve 1999, Rodrigues-Malta 1999).
La démarche adoptée par
Marseille est très différente de celle observée Barcelone: elle se cantonne au
périmètre central de 313 hectares et ne s’inscrit pas véritablement dans une
vision de requalification globale de la ville. Quant à la participation des
habitants, l’absence de modalités préalablement définies en a longtemps limité l’expression
à une simple diffusion d’informations. Six ans après le lancement de l’opération,
l’ établissement public se dote des moyens d’implication et d’accompagnement de
la population résidante du périmètre en créant notamment “la Maison
Euroméditerranée”, bureau d’information sur les questions du logement et de l’emploi.
Ainsi, si ele ne s’apparente pas vraiment à un programme d’actions concerté, la
notion de “projet urbain” désigne davantage un objectif à atteindre, celui d’élever
Marseille au rang de capitale Euroméditerranéenne. Plus q’un “projet de forme”
ou q’un “projet de ville”, Euroméditerranée est déclinée avant tout en “projet
de positionnement territorial”. Les actions d’Euroméditerranée:
accélérer la métropolisation de MarseilleL’opération vise doter
Marseille des éléments qui permettront de légitimer son statut de Métropole. Trois
grandes orientations structurent le projet de transformation du centre de l’agglomération:
action économique, la création de grands équipements structurants et la dotation
/ modernisation des infrastructures de transport.
Un pôle économique méditerranéen
À l’instar d’autres grandes opérations de transformation, le projet
Euroméditerrannée contient un important volet économique qui s’appuie sur le renouvellement
urbain des quartiers centraux. Les
aménageurs souhaitent offrir aux entreprises un cadre de vie requalifié, doté
des services et des fonctions à la hauteur de celle une metrópole. Il s’agit
de rendre Marseille incontournable pour les investisseurs étrangers qui visent
un développement sur Europe du Sud et le bassin Méditerranéen. À l’horizon 2010-15], ce sont 20.000 nouveaux emplois qui sont attendus.
Un bilan au 30 juin 2000 réalisé par Agence urbanisme de l’agglomération
marseillaise (AGAM) et l’établissement public (EPAEM) annonce que, depuis 1995,
7800 emplois bruts ont été créés, soit un accroissement net de 2500 et une
installation de 390 entreprises. Certes, il conviendra de s’attacher une
analyse fine de ces nouveaux emplois dont l’effet d’annonce stimule de
nouvelles initiatives entrepreneuriales. Il est déjà possible de constater que le projet s’appuie davantage sur
les composantes internationales que sur celles locales et régionales. (B. Bertoncello,
R. Rodrigues-Malta 2000, p. 411. Les nouveaux emplois tertiaires fortement
concentrés dans le secteur de la Joliette génèrent aujourd’hui l’émergence de
nouveaux services aux personnes (restauration, pressing, agences
de voyage...): reste à
savoir si les activités induites seront la seule forme recherchée du
développement économique accessible aux populations locales? Dans ce projet, le port bénéficie d’une attention particulière. Il ne s’agit plus ici d’envisager le
réaménagement physique de l’appareil portuaire ou de consolider son hinterland
industriel immédiat, mais de retenir à Marseille les richesses produites par le
flux des échanges des biens et des personnes. Soulignons à ce propos les
efforts du Port Autonome de Marseille et du milieu économique local pour
développer l’activité de croisière, en plein essor en mer Méditerranée. Dans
ces perspectives, de nouveaux services tertiaires plus diversifiés, liés aux
activités maritimes et au transport, doivent être développés dans la “zone
arrière-portuaire”.
Des équipements qualifiés
Ce type de grande opération urbaine s’appuie généralement
sur la création d’équipements qualifiés appelés à fonctionner comme des signaux
forts. Àce jour, l’ Euroméditerranée privilégie la création d’équipements
dans le domaine de la connaissance et de la culture distribués sur deux pôles
distincts. La bande urbano-portuaire de 25 kilomètres qui s’étend du Fort St Jean
à Arène, accueillera une Cité de la Méditerranée actuellement en cours de définition.
Pensée comme une vitrine urbaine où seront exposés les “trésors” d’une Méditerranée
revisitée, d’une Euroméditerranée en construction, les différents équipements d’excellence
qui la composent participeront directement au changement d’image escompté.
Quant la Friche de la Belle de Mai où sont déjà implantées des activités
artistiques (système friche théâtre), elle participe au renforcement de la
vocation culturelle deMarseille en
accueillant un “pôle patrimoine” et un hôtel réservé aux entreprises de la culture et de la
communication.
Des infrastructures de transport repensées
Au delà de la revalorisation de toutes les composantes
des secteurs transformés (logement, espaces publics...), cette opération de
renouvellement urbain est dans tous les cas un grand chantier de consolidation
et de développement des infrastructures de transport. Elle favorise amélioration
de l’accessibilité nationale et internationale avec notamment les aménagements liés
à la ligne TGV-Méditerranée, sans négliger pour autant la requalification/modernisation
des infrastructures existantes et le développement du réseau de transport
collectif. Ces interventions constituent un maillage fort, apte à mieux
satisfaire les besoins en mobilité des usagers de la ville mais aussi à impulser
un nouvel ordonnancement des quartiers traversés. (..)
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2016-02-10